Par Magaly Paquet

Photo par Sarah Lamontagne

Scapin, saveur Saint Boniface

« Les fourberies de Scapin », présenté au Théâtre Cercle Molière est une adaptation de la pièce originale, écrite par Molière. C’est une comédie qui raconte l’histoire de Léandre, qui rêve de faire du théâtre et de vivre son amour avec Zerbinette. Son père, Géronte est un riche capitaliste qui le voit plutôt comme le successeur de son entreprise. Scapin, employé de Géronte, décide d’appuyer Léandre. Scapin va donc utiliser différentes mises en scène et fourberies pour se jouer de Géronte et aider Léandre.

Avant tout, je dois vous faire un aveu. Je n’avais jamais vu ni lu quoi que ce soit de Molière avant la pièce « Les fourberies de Scapin ». Et je vous avoue que ce nom résonnait pour moi comme quelque chose d’austère, vieux et possiblement ennuyeux.

Je me suis inscrite à l’atelier d’adaptation d’un texte pour la scène, qui précédait la représentation du 17 octobre 2026. J’ai eu la chance de rencontrer Sylvain Sabatié qui a fait l’adaptation du texte de Scapin, initialement présenté à Montréal. Il nous a parlé de son processus de travail afin de moderniser le texte et les choix qu’il a dû faire, notamment pour réduire le nombre d’acteurs en scène. Il a également parlé du travail accompli avec Marie-Ève Fontaine, metteuse en scène, pour ajouter des références locales. Durant l’atelier, j’en ai appris davantage sur Molière, sur les personnages de la pièce et l’histoire originale.

Je suis donc allée voir la pièce après cet atelier, curieuse d’en voir le résultat…

Étant une personne qui apprécie les arts visuels, j’aime vraiment prendre le temps d’analyser la scénographie. Dans ce cas-ci, j’ai été frappée que la salle soit placée à l’horizontale et que, dès notre entrée dans le théâtre, on est amené à marcher dans le décor. Il faut contourner les « trous » de minigolf pour aller prendre un siège. Un peu comme une invitation à faire partie de la pièce. Les deux pieds dedans.

La scénographie rafraîchissante, avec ses couleurs vives, les différentes textures et ces « trous » représentant des éléments connus de notre communauté. Ceux-ci auraient pu être exposés dans une galerie d’art. J’aurais aimé avoir davantage de temps et de proximité pour les observer! Peut-être qu’on pourrait sacrifier des espaces de stationnement au CCFM pour les convertir en terrain de minigolf à saveur franco-manitobaine? Ça ferait honneur au travail de scénographie de Sol Desharnais, Sabba Rezaï et Maryse Gagné. Il me semble que ce serait amusant de frapper une balle verte pour la faire traverser l’Esplanade Riel!

Lou-Anne Boudreau semble vraiment s’être amusée à concevoir des costumes uniques. Chaque fois qu’un personnage entrait en salle avec son costume, c’était divertissant. Leurs habits les représentaient bien mais, aidaient aussi à définir les personnages. J’ai eu vraiment des fous rires à voir Géronte (Yvan Lécuyer) parader dans son habit de velours orange et ses souliers démesurés et j’ai adoré la robe rose de Zerbinette (Axelle Oulé), avec ses épaulettes surdimensionnées.

Autrement, j’ai adoré la pièce pour son ton humoristique. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de rire au sujet des thèmes comme le capitalisme, la pauvreté et la hiérarchie sociale. Ça fait du bien. Soyons honnête, on aimerait tous un peu être Scapin et avoir l’occasion de se jouer d’un riche pour pouvoir mieux distribuer les ressources!

Enfin, la pièce « Les fourberies de Scapin » était une adaptation réussie. La pièce a permis de faire connaître Molière, tout en abordant des thématiques actuelles. Les allusions locales, propres à notre réalité franco-manitobaine, étaient intelligemment ajoutées au texte et faisaient rire, à tout coup. Je recommanderais la pièce pour les éléments visuels, le jeu d’acteur et surtout, pour le rire assuré.

Certains sont allés voir la pièce parce qu’ils sont amateurs de Molière. De mon côté, j’y suis allée sans le connaître, mais j’en ressors avec l’envie d’en connaître plus!

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